Il va falloir replacer le contexte pour comprendre toute la subtilité de Whatever Works. Woody est en plein rush et aligne film sur film ces derniers temps. Et ce grâce à ses muses. Tout le monde connait celle qui l’a réconcilié avec le grand public (Scarlett Johansson), mais cette année il a besoin d’une petite nouvelle: Evan Rachel Wood.
Paf, l’alchimie marche et son physique de jeune ingénue va être indispensable pour la suite.
Whatever Works sera un film sur la psychanalyse/psychologie. Et plus précisément sur ce satané complexe d’Oedipe. Mais Woody Allen va encore plus loin, il va se servir de son long-métrage pour justifier son «inceste». (Woody quitte sa femme, Mia Farrow, pour épouser sa fille adoptive). Whatever Works n’est qu’un miroir, et le personnage principale n’est autre que Woody Allen.

Boris Yellnikoff est un physicien érudit qui tomber amoureux d’une frêle jeune femme. Il va déployer son charme orale et la séduit sans trop de soucis. Pendant tout le film le personnage de Boris nous parle directement, à nous spectateur, représentant bien que derrière lui se cache le réalisateur. Boris = Woody tout à fait ! Woody a toujours fonctionné ainsi, palliant son physique grâce à sa grande connaissance de l’art. Il est complètement fasciné par les belles femmes et use de sa connaissance en psychanalyse pour les séduire. Il prend la forme paternelle, celle d’un homme de savoir qui veut éduquer. Le complexe d’Oedipe fait le reste. Diane Keaton, Mia Farrow on a déjà vu plus moches…
Mise à part ça, Woody Allen développe un thème qui lui est cher: le conformisme. Deux personnages vont découvrir sa ville, New-York, et sortent du conditionnement sociale/religieux pour découvrir leur vrai « moi ». Whatever Works se déroule, et découle alors tout le génie du réalisateur qui, avec simplicité, décuple les coup de théâtre et fait évoluer les personnages.
Woody n’est pas prêt à quitter ses femmes fortes, que ce soit avec ou sans Scarlett. Il me réconcilie avec son cinéma et se permet même un peu de surplus de fierté à l’image de la dernière phrase du film dite par Boris : « You see? I’m the only one who sees the whole picture. That’s what they mean by genious ».